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« Les abîmés » Impressions sur la pièce et le jeu de Rébecca Azan |
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Alors bien sûr... un critique de théâtre dûment estampillé NF sur le gras du bras, ça ne vous raconte pas sa life – même s'il s'agit d'une tranche
de vie nullement imaginaire, comme pour ce qui va suivre, en dépit de quelques exagérations stylistiques. Casting Premier personnage Deuxième personnage Troisième personnage A noter que cette numérotation ne reflète pas l'importance des personnages, mais plutôt (oui, on sait, l'ami de Mickey) leur entrée en scène. P'tit préambule Certaines personnes ayant eu l'outrecuidance ;-) de douter de l'authenticité de ce qui va suivre, précisons lourdement que ce récit est tout à fait fidèle à la réalité, en dépit d'un petit côté "exubérant" dans certaines descriptions, reconnaissons-le. Première partie Le jeune-homme-qui-regardait-TLMP-avec-assiduité apprend que l'élue de son coeur de fan va jouer dans une pièce pendant le Festival d'Avignon, donc il s'écrie tout de go quoique dans sa tête : « Fichtre ! je ne peux pas rater ça ! » Petite déchirure dans le continuum spatio-temporel, nous sommes dans les studios de TLMP pour l'enregistrement de la fameuse dernière des dernières ; le calendrier affiche tristement « 6 juillet 2006 », JHQRTAA (Jeune-Homme-Qui...) discute
avec la jeune fille qui aide Messieurs Magnéto Serge et Thierry Ardisson en abreuvant les invités et en séduisant de temps à autre Robbie Williams. Or, que demande le peuple ? Rien de plus. Donc tout baigne. Quoique non, problème il y a pourtant : le boulot du jeune homme ne lui permet pas de partir plusieurs jours, tout au plus pendant 48 heures en fin de semaine. Toutefois, comme JHQ n'a jamais fait d'aussi longs trajets au volant, qu'il pense sans doute que ce n'est pas trop marrant d'être seul, qu'il connaît un peu votre Narrateur et qu'il sait que ce dernier apprécie également le charme, le physique et la gentillesse de l'assistante de Serge Khalfon, il lui propose de l'accompagner, de partager la dernière chambre d'hôtel libre en Avignon, d'aller voir cette fameuse pièce interprétée par Rébecca et de rentrer dans la foulée. Réaction immédiate de Narrateur : « Putain, mais ce type est fou ! » Seulement voilà, votre serviteur, il aime bien les mecs un peu dingos et les projets du même tonneau. En outre, il n'est plus parti aussi loin de ses pénates depuis bien longtemps, il apprécie
également beaucoup le Midi, il a
un souvenir de la Cité des Papes comme étant une très jolie ville, et en plus, un Festival de Théâtre, ça ne se trouve pas sous les pas d'un cheval, ni même à chaque coin de rue. Ces deux-là ne se sont jamais vus ni même causé dans le téléphone, mais ils s'en foutaient puisqu'on ne parlait pas de mariage (alors ici, précisons bien qu'il s'agit d'une plaisanterie, quand bien même allaient-ils partager une chambre d'hôtel). Second bond en avant dans le temps, nous sommes le vendredi 21 juillet ; huit plombes du mat' sonnent joyeusement au clocher du village, le coq continue de s'égosiller comme un con alors que les poules savent depuis longtemps que ce gros balourd emplumé – et néanmoins macho – est debout. Narrateur sonne chez le jeune-homme-qui... descend. La petite Fiesta bouffe bravement du kilomètre et nous voilà-t-y pas en vue des remparts de la cité médiévalo-papale. Rien à dire, ça en jette aux mirettes, ces vieilles pierres. Bon, allez, d'accord, assez d'effusions, restons concentrés puisque – mine de rien – on n'est pas rendus, vous allez voir. Sortie du GPS de JHQ, c'est maintenant que le délire commence. Bon, il y a un fond caricatural – je vous avais prévenu – mais l'esprit y est. Narrateur sort du véhicule – privé de clim, on savourait bien le goût du chaud – il demande à des vigiles-garde-barrières armés jusqu'aux dents où est cette putain de rue de ce putain d'hôtel nommé Untel, ils savent pas trop, remontage dans la voiture, recherchage, redescendage de la bagnole, remontage, coup de téléphone à la réception, indications succinctes quoique utiles, redemandage aux vigiles, hourra ! la barrière s'ouvre (quels cons !!!), avançage dans des petites rues encombrées par trois cent deux mille six cent dix-huit personnes – sans compter les bébés, les furtifs matous et les bruyants clébards – toujours non-trouvage de l'hôtel, début d'énervement teinté de désespoir, tout à coup l'enseigne de notre halte apparaît derrière un écran de branches d'arbre ! Si ça avait été Sharon Stone décroisant ses jambes fuselées, ça ne nous aurait pas fait autant d'effet. Etrange, les cigales font un boucan d'enfer dans les platanes de la place de l'Horloge, alors qu'il fait déjà noir et qu'elles devraient être sous la couette. Renseignement pris, c'est parce qu'il fait aussi chaud la nuit que le jour. On vous le vend pour ce qu'on l'a acheté, c'est pas elles qui nous l'ont confié. Nouvelle tuile : la clim de la chambre est en panne. Bonjour l'angoisse en pleine canicule... Mais bon, on est crevés par la route et puis on n'a pas le choix. Tuile suivante : on avait demandé des lits séparés, ce n'est pas le cas et même avec Miss Stone, votre Narrateur se voyait très mal partager un plumard aussi étroit. Demandage d'un deuxième matelas, il finit par arriver, la chambre est petite mais la salle de bain est grande, presque autant que le jardin de mon oncle, en tout cas suffisamment pour accueillir un hôte allongé ; à présent tout va bien ou presque dans le meilleur des mondes qui aurait échappé au pire. Soudain, une idée nous interpelle : et si on allait à la sortie du théâtre ? Ne vous rendez pas à Présence Pasteur pour ses qualités
D'autres pièces sont jouées au même endroit, nous ne savons pas si la troupe de Reb est déjà sortie ; ni si, dans ce cas, elle est restée scotchée là. On demande à Monsieur Billets, il sait pas trop, on mate à gauche, à droite
; rien. Nous sommes sur le
point d'abandonner la partie quand quelqu'un nous désigne une table. Je vois une jeune femme de dos avec des longs cheveux bruns bouclés, contournage de la table, c'est elle. Ouf ! cette fois on a mis dans le mille ! (pardon pour l'expression, Miss). En dépit de ce que notre héroïne était en pleine discussion avec sa troupe au sujet de détails éventuellement perfectibles dans la pièce, au bout de quelques minutes, elle nous rejoint à notre table. Notre actrice qu'elle est rien qu'à nous (à ce moment-là Alors bon, oui, comme des gros égoïstes, on l'aurait bien gardée à nos côtés pendant quelques heures ou bien, pourquoi pas, quelques petites journées de plus, mais elle est évidemment très demandée, et de toute façon, puisque même les meilleures histoires finissent en général par une fin, retour à l'hôtel. Donc nuit hyper chaude – en dépit de l'absence de l'héroïne de Basic Instinct –, le ventilateur ne brassant rien de bien frais
; en outre très bruyante pour JHQ, car ce fut la teuf dans les rues d'Avignon jusqu'à une heure avancée. Soit, nous arrivons pourtant à dormir – ou un truc qui y ressemble – et le lendemain, après le rituel tit dèj'ner sur une aimable terrasse, nous jouons aux touristes japonais ceinturés d'appareils numériques, comme me l'a fait aimablement remarquer
une correspondante locale (fais gaffe toi, tout se paie un jour !).
On croise Dieudonné M'Bala 2 fois, je ne lui fais pas mes amitiés pour les raisons que vous
devinez ; mon digital cliquette à
Bien, là, il est temps de faire notre come back au théâtre. La cour n'a pas bougé, les arbres non plus, les bacs de bières oui, y compris – aussitôt – quelques gorgées de leur rafraîchissant contenu
sur la pente de nos gosiers ravis. Rébecca arrive, bisous bisous, nous n'échangeons que deux ou trois
mots, car présentement, elle doit se préparer en
mettant du lourd sur la pédale affectée à la concentration. Vingt-et-une heures résonnent au sommet d'un vieux campanile somptueusement indifférent à la horde de touristes en chaleur qui tentent de le cerner, ce vénérable édifice en ayant vu d'autres. Ça commence, le décor est sobre quoique tout à fait approprié, Truck dort sous la table – chacun son truc, si on peut dire – Caprice et Ep entrent en scène. Oui mais non, on ne va pas vous raconter la suite, c'est pas le sujet de ce billet. Soyons francs, concernant « Les abîmés » et ses acteurs, nous ne savions pas du tout à quoi nous attendre, n'ayant eu aucune critique à nous mettre sous la dent. Nous espérions évidemment que cette pièce
serait bonne, sinon nous n'aurions pas fait le détour (en tout cas, moi), hé bien, très sincèrement, nous fûmes comblés au-delà de toute espérance. Donc triple admiration, si on ajoute aux nôtres celle du Monsieur qui a fait des photos à Présence Pasteur ; les autres étant commises par Narrateur. Bref, si « Les abîmés » se montent à Paris (comme il en est fortement question) et si vous n'habitez pas une zone inexplorée de Nouvelle Calédonie, ne manquez surtout pas d'aller les voir, sinon vous risqueriez de baisser d'un cran dans la profonde estime que nous vous portons. Epilogue Il nous est malheureusement impossible de savoir si Rébecca va continuer dans cette voie ou préférer ses études universitaires, avec probablement une bonne carrière à la clef ; mais par contre, il est quasiment certain que si elle continue à tutoyer Polymnie avec autant de talent, elle se retrouvera maintes fois en haut des affiches de pièces, de courts métrages, de téléfilms et de films. Narrateur (Tim) avec |